Arles, 1888.

23 juin 2006 par Choup'

L’homme se déplace lentement, en boustrophédon.

Le temps coule goutte à goutte, inondant la terre d’une teinte bleutée qu’on ne lui connaît qu’au crépuscule. Un arbre décharné tend ses griffes vers le ciel dans l’espoir dérisoire d’enrayer l’imperceptible chute, quelques feuilles en sursis, maigre couverture, s’accrochent à ce qu’il leur reste de tige sans y croire vraiment. Un soleil trop gros soupire doucement, caressant l’horizon de son ventre tendu. Des lambeaux de nuages, roses dans le ciel vert du soir, s’étirent paresseusement en attendant la nuit. Au loin, la petite ferme que l’homme rejoindra sous peu abrite sa solitude, à peine troublée par la forêt voisine qui chuchote les secrets que lui souffle le vent.

L’homme sème.

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