Sweet dreams.
15 novembre 2007 par Choup'En ce moment ça ne va pas très bien. J’ai connu de pires périodes, notez, mais pas souvent.
Cela fait des mois que je n’ai plus envie d’écrire. Depuis quelques temps, je n’ai plus envie de rien, à vrai dire. Sauf de dormir, j’ai sans arrêt envie de dormir, et dès que je m’allonge je sombre. Enfin, pas la nuit évidemment, ce serait trop simple ; la nuit, je passe des heures et des heures à me tourner dans mon lit, assaillie d’idées noires dans lesquelles je m’enferme. Avec l’angoisse qui monte, doucement, mais sûrement. Et puis je finis par m’endormir d’épuisement, et le lendemain matin, je suis calmée ; un peu.
J’ai fait un drôle de rêve, l’autre jour. Drôle parce que d’habitude, mes rêves sont très longs et très fournis ; ils fourmillent de détails, de couleurs, d’objets et de personnages, ont des intrigues extrêmement développées, ce sont de vrais films d’auteur ou d’horreur. J’adore. Un jour je vous raconterai la fois où j’ai été séquestrée pendant des mois par une famille de sadiques. Celle, aussi, où une bombe atomique a explosé à 120 kilomètres de chez moi, ne laissant à mes proches et moi que quelques heures à vivre. Et puis celle où j’étais espionne et devais ramener des preuves concrètes que l’occupant Allemand torturait et tuait les Français, afin d’obliger l’ONU à intervenir (j’ai réussi, mais ai dû pour cela tuer une petite otage de quatre ans et demi et me farcir une longue réflexion philosophique ayant pour thème “Peut-on sacrifier un innocent pour sauver des milliers de vies”).
Enfin ce sont d’autres histoires. Celle que je vais vous raconter maintenant était au contraire très courte et épurée.
Une pièce plutôt sombre, une table nue, deux chaises de bois. Je suis debout et fais face à un flanc de la table ; à un bout, mon père est assis, il lit le journal ; à l’autre bout, ma mère s’est levée de sa chaise et est tournée vers moi. Je suis en train de l’incendier, je lui reproche tout ce que je n’ai jamais eu le courage de lui reprocher, l’enfer qu’elle m’a fait vivre pendant mon adolescence, mon mal-être, mes angoisses, les difficultés que j’ai en ce moment à simplement vivre. Elle me répond en hurlant plus fort que moi, et rejette toute faute en bloc. Submergée de rage et d’impuissance, je lève le poing pour la frapper. Alors que mon père, toujours assis, prend la parole pour me calmer, je me tourne vers lui et soudain toute la colère que je ressentais contre ma mère se reporte sur lui, c’est à lui que j’en veux, c’est lui que je hais, c’est lui que je veux frapper.
Il me regarde et prend un air moralisateur : “Qu’est-ce que tu fais, là ? Tu crois vraiment que tu peux régler les problèmes par la violence ? Tu crois vraiment que c’est une solution ?”
Je le fixe droit dans les yeux pendant quelques secondes puis, hors de moi, sur le point de fondre en larmes, lui réponds entre mes dents serrées : “Mais qu’est-ce que tu veux que je fasse, Papa ? Comment tu veux que je fasse ? Vous ne m’avez rien appris d’autre ! Vous ne m’avez jamais rien appris d’autre ! Je ne connais rien d’autre !”
Et puis je me réveille.
Voilà, monsieur le psy. Faites-en ce que vous voulez, moi je suis trop fatiguée.
16 novembre 2007 à 14:18
Salut,
j’étais tombé sur ton site via ta recette de rhum arrangé…
j’adore ce que tu écrit et comment tu l’écris.
J’ai mis ton lien sur mon site si cela ne dérange pas :
http://ouhouh.com/links/
Bref, ne te laisse pas aller par l’automne, laisse tomber le psy,
et prends le temps de te faire un bon mojito en passant,
:: jef
16 novembre 2007 à 17:11
Un mojito… Mais oui ! J’y vais de ce pas, tiens, ça fait trop longtemps que je n’ai pas mis les pieds dans mon bar préféré (au moins toute une semaine !)
Et puis je ne vois pas de psy ; je me sers de ce blog, à la place.
Merci en tout cas (pas de problème pour le lien, évidemment ; j’ai du mal à comprendre le fonctionnement de ton site, d’ailleurs)
18 novembre 2007 à 12:55
Tu ne vois pas de psy, alors j’ai envie de dire que ce qui intéresserait un psy qui te lirait, ce serait le choix d’un “monsieur” psy…
Raconte-nous tes rêves, oui, s’il te plaît.
22 novembre 2007 à 1:28
Voui, je sais, je sais… je m’en suis rendu compte en l’écrivant, j’ai failli changer pour un “monsieur/madame”, et puis je me suis dit qu’il ne fallait pas faire taire l’inconscient…
Cela dit, le seul psy avec qui j’aie eu une relation quelque peu suivie (professionnellement parlant) était un homme, et je suis aussi, je crois, influencée par un blog que je n’ai pas besoin de nommer (ne nie pas) dans lequel l’auteur se réfère de temps en temps à “monsieur mon psy” (enfin il me semble).
22 novembre 2007 à 14:41
Mon inconscient à moi, il invente de drôles d’animaux : des “petits bleus”, une espèce d’escargot, qui là ont disparu, emportés par une tempète de sable.
Bizarre l’inconscient, hein.
Je pense à quelque chose sur le “monsieur” psy - en dehors de toute dénégation - en liant ce choix au rêve que tu nous racontes. Mais on n’est pas là pour faire de la psychothérapie de comptoir, hein, réservons ça pour les moments où l’on peut poser une bière sur la table.
5 janvier 2008 à 14:19
Bonne année.
31 janvier 2008 à 20:34
salut, c dommage que tu n’écrives plus. Ceci dit, la vie est chouette aussi ss écrire.