La fièvre.

28 avril 2007 par Choup'

Il se réveille de méchante humeur. La fournée de rêves de la nuit a été trop cuite - c’étaient des rêves durs sous la dent, qui laissent derrière eux autant de miettes pour la journée du lendemain qu’on en a absorbé - et son sourire matinal, d’ordinaire si musical, sonne faux en se brisant contre les miroirs qui tapissent les murs de sa salle de bains. Il a une belle fièvre, le genre de fièvre moite et touffue qu’on trouve dans les bars de fin de nuit. Pour couronner le tout, l’astre du jour darde ses lances aiguës sur la ville ensommeillée, et il déteste la mauvaise poésie. Bref, la journée commence mal, ce qui ne l’empêche pas de mettre sa fièvre à la fenêtre pour la faire sécher.
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Les mains.

26 avril 2007 par Choup'

Ce sont mes mains. Elles ne conviennent plus. Je n’en ai pas pris soin, les laissant devenir calleuses, pleines de crevasses et de raidillons ; l’austérité du paysage de leur inutilité me terrifie. Il y a l’alcool, aussi ; j’ai vu trop d’étoiles de fonds de bouteilles, presque une galaxie ; maintenant j’ai des mains de baudruche, les doigts saucissonnés dans leur peau tendue, les ongles incarnés qui ne savent plus bien s’ils doivent pousser vers le ciel ou tomber sur le sol.

Le problème là-dedans, voyez-vous, c’est que je suis pianiste. Je ne sais faire que ça, d’ailleurs. Alors évidemment, c’est foutu pour moi. Je n’ai plus que la chaussée pour pianoter et encore, les symphonies imaginaires jetées sur le trottoir ne m’amusent plus. Le goudron est d’une indifférence à la musique silencieuse qui vaut celle des plus encravatés des passants.

À défaut de battre la mesure il ne me reste qu’à battre la semelle. Cela me réchauffe en hiver et me réveille en été. Je bats les cartes aussi, parfois, le briquet souvent, certains hommes quand d’aventure cela me prend, et les chiens lorsqu’ils s’approchent trop.

Surtout, tous les soirs, je me bats moi-même au jeu de la rue. En attendant celui où je me perdrai.

Arrangements.

13 février 2007 par Choup'

Il est une excellente manière de boire des apéritifs de qualité sans dépenser la moitié de son pécule mensuel chez Nicolas. Il est une excellente façon de proposer à ses invités une boisson savoureuse et originale sans aller en République Tchèque acheter de la vodka aux clous de girofle (d’ailleurs ça n’est pas très bon). Il est une excellente alternative au whisky-coca ou à la mauvaise bière lorsque l’on a décidé de boire plus que de raison.

Ce merveilleux secret, que dans ma grande générosité j’ai décidé de partager avec vous, est remarquable de simplicité.

Tatata… (roulements de tambour)

Les rhums arrangés.

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Morceaux choisis.

2 février 2007 par Choup'

2002

L’arbre au-dessus de nous se balance lentement dans la brise estivale. Nous sommes allongées dans l’herbe et nos bicyclettes se reposent un peu plus loin. Elle tourne autour du pot depuis un moment, je sens bien qu’elle veut me demander quelque chose.

« Bon allez, tu peux me le dire… cette fille, là, dont tu parles souvent, c’est ta copine ? »

Ma sœur. Treize ans.
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